
Ils s’aimaient tant et
tant
Que d’une tempête d’amour
je pris naissance en fin d’été.
Je suis la fille du vent.
Sur ta joue, mon bien-aimé,
sens-tu ce doux zéphyr passer?
le vent sait si bien caresser
et je suis fille du vent
Si l’idée de me tromper,
gredin, te faisait craquer
le mistral rugirait
et je suis fille du vent
Gnomes, vampires et loups-garous
ne touchez pas à mes enfants
une tornade foncerait sur vous
et je suis fille du vent
Sous le cèdre, sous le sapin
entends-tu ces gazouillis?
sifflent la brise, le roselin
et je suis fille du vent
Imprévisible, insaisissable,
personne ne peut me mettre en cage
on me croit là, je suis ailleurs
Je suis la fille du vent
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Je sais une petite ville blottie au coeur des nuages.
Ses habitants ne sont que mille, tous des sages
ou des mages.
Une
nuit - aurais-je rêvé ? - j'ai aperçu près de
mon lit,
L'un d'eux qui m'a demandé de le suivre sans faire de bruit.
La lune a posé son rayon sur le bord de ma fenêtre.
Tout doux, j'ai quitté la maison avec cet étrange petit être.
Chez lui, on choisit son métier au gré de sa fantaisie.
Je n’en ai pas vu s’ennuyer, ils ignorent la mélancolie.
J’ai vu un bien curieux laitier jeter tout son lait dans l'évier.
Et sur le Québec tout entier, il a commencé à neiger.
Un pâtissier, dans une trouée secouait torchons enfarinés.
Ce jour, sur l'île de la Couvée, cent goélands se sont posés.
Plus loin, des vieux semeurs lançaient leurs graines à la volée.
Des couples de merles chanteurs sont arrivés en matinée.
Un peintre en bâtiment préparait toutes ses
couleurs
Et mon pays, subitement, s'est couvert de feuilles et de fleurs.
Un menuisier, sur l'établi, clouait ses planches en chantonnant.
Sur terre, dans le ciel assombri, le tonnerre claquait en grondant.
Un fermier étourdi a mis dans un panier percé
Ses oeufs de cailles, de colibris. Sur mon jardin, il a grêlé.
Sur un tapis me suis couchée. En douceur me suis envolée.
Dans mon lit, me suis réveillée au tout début de la journée.
Dehors, il pleuvait à pleins seaux. Je savais que le chef pompier
Là-haut, vidangeait ses tuyaux. C'est bien normal dans son métier!
Je ris maintenant tout le temps. Ils ont ensoleillé ma vie.
Été, automne, hiver, printemps, je les vis dans la poésie.
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Dans la brume du petit matin,
Qu'il fait bon, tout doux, se promener.
La nuit fait son dernier câlin,
Tendrement, avant de s'envoler.
C'est l'instant où vont vagabonder
Biches et faons sur le sentier.
C'est l'heure où, parfois, on peut croiser
Le renard et le loup-cervier.
Lascif, le lac encore endormi
S'étire sous le drap duveteux.
Ses berges se dévoilent à demi,
En petits mouvements langoureux.
Bois et bosquets paraissent ouatés.
L'air est embué, mystérieux.
Les sons murmurent, adoucis, feutrés,
Subtil prélude à l'éveil des Dieux.
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