PAUVRES AMIES
Mais que t'arrive-t-il, mon amie?
Tu ne peux donc plus supporter
ma compagnie?
Tes peurs sont-elles lourdes à porter?
Puis-je t'aider, les partager,
moi, ton Amie?
Qu'ai-je fait pour te peiner?
Ne veux-tu pas me pardonner
ou m'en parler?
J'ai essayé de t'approcher,
Tu es partie sans m'écouter,
sans t'expliquer.
Hier, étions grandes amies,
Presque deux sœurs, bien trop unies
pour nous quitter.
Ce jour, je vois s'effilocher
Notre amitié...
Pauvres amies...je vais pleurer...
1985

SOURIS, MA MIE
Ne sois plus triste, souris, ma Mie.
Tout s'arrange dans la vie.
Si le soleil flamboie tous les jours,
si la pluie s'absente toujours,
tout se meurt aux alentours :
le pays est désolé,
aride, crevassé.
C'est l'enfer, le désert,
le Kalahari pervers.
Dès qu'un petit orage arrive,
Tout change, tout s'avive.
Tout pousse après la pluie.
C'est le printemps, c'est la vie.
Alors, sèche tes pleurs, ma Mie,
Essuie tes yeux. Allez! Souris!
1990

L'ÉRABLE
Au jardin de mon cœur se dresse un érable
Qui domine mes fleurs et caresse le ciel.
Il est tellement beau, altier, inébranlable!
Dans le monde entier, il n'a pas son pareil.
Au début de l'année, il devient tout sucré.
Je le couve des yeux, par lui, je suis comblée.
Il m'assure à jamais de sa fidélité.
Rien ne peut m'arriver, je suis sa protégée.
Puis quand vient le printemps, il offre le logis
Aux centaines d'oiseaux qui, tous, chantent l'amour.
Jaseurs, chardonnerets, moineaux, pinsons jolis
S'y donnent rendez-vous dès le lever du jour.
Tout au long de l'été, il trône solennel.
Je danse autour de lui, heureuse, sans soucis.
Il grandit chaque année, il me semble immortel,
Près de lui, je suis bien: je fredonne et je ris.
À la mi-septembre, il se prend pour un roi.
Il endosse un habit d’écarlate et d'ors.
Comme pour me remplir d'énergie et de foi,
Pour l'hiver, en mon cœur, il verse ses trésors.
C'est ce que je pensais, oh folle insouciance!
Mon bel arbre se meurt, rien ne peut le sauver.
Un poison insidieux sapant sa puissance,
L'a rendu trop fragile, je dois m'en séparer.
Ce bel arbre, Aline, c'était notre amitié.
Des mots très acides venant de l'étranger
L'ont tué. Nous n'avons su le préserver.
Adieu, ma belle amie. Pour nous, c'est terminé.
Je garde la photo de l'arbre avant sa mort.
Recouvert de verglas, érable de cristal,
Il rayonne au soleil, on dirait qu'il s'endort
Parmi mes souvenirs, image d'Épinal.
1990

DANSE
Dansez, lutins et papillons,
J'ai retrouvé ma belle amie!
Tournez au rythme des chansons,
Enfin, nous sommes réunies.
Je me sens bien, je me sens folle,
Je chante sous la pluie jolie,
Je cours, je saute, je plane, je vole,
En pensant à ma douce amie.
On s'est retrouvées au printemps,
Nous, les deux soeurs, les deux amies.
Au mois de mars, à la mi-temps,
Mon bel érable a repris vie.
1991

LAMBEAUX D'AMITIÉ
« Mais que t'arrive-t-il, mon amie
Tu ne peux donc plus supporter
Ma compagnie? »
Pour la centième fois, nous nous sommes séparées.
Vingt ans d'amitié, de houle, de rafales.
Pour la centième fois, nous nous sommes retrouvées,
Vingt ans d'amitié, de course, d'escales.
« Ce jour, je vois s'effilocher
Notre amitié...Pauvres amies...
Je vais pleurer… »
Dans une tornade avons fait naufrage.
Des courants contraires, loin, nous ont entraînées.
Dix-huit mois ont passé. Soudain une plage
Nous a vues enlacées, nous a vues embrassées.
Dansez, lutins et papillons,
J'ai retrouvé ma belle amie!
Tournez au rythme des chansons,
Enfin, nous sommes réunies!»
Quelques grains de bonheur, puis tu es repartie.
Cette fois sans retour. Je ne t'ai jamais lu
Tous ces jolis poèmes écrits pour toi, ma Mie.
On croit avoir le temps... Le temps interrompu...
Tu es au paradis, je me sens seule, ce soir,
Je lis mes poésies qui restent sans espoir
Lambeaux d'amitié au fond d'un tiroir.
1993
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Photo:
(Le
petit-duc. Robert Bateman 1980)
Se gonfler un
tantinet
Braver la neige
glacée
Ne pas se
soucier du souper
Oublier tous
les dangers
Croire en Dieu
et s’endormir.
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Je te salue, Marie! Ce soir, je viens à toi

Le coeur lourd. Je t'en supplie, Marie, écoute-moi!
Notre fille, entre toutes chéries, attend son premier bébé.
Les médecins l'ont avertie qu'il naîtrait prématuré.
Bien sûr, Mère de Dieu, tu n'as jamais été grand-mère,
Mais, imagine un peu comme tu aurais été fière,
De tenir dans tes bras le petit de ton gars!
Tu aurais voulu mettre toutes les chances de son côté!
Notre angelot, s'il naît maintenant, aura grande difficulté :
Un fruit avant maturité est de fragile qualité.
Moi, vois-tu, malgré mon amour, je ne peux rien pour ce petit.
Toi, fais qu'il voie le jour quand les neuf mois seront finis.
Je sais qu'il arrivera lorsque Dieu en décidera,
Mais du haut des cieux, veille sur lui, Sainte Marie!
Aujourd'hui, je te le confie. Ta protection, Bonne Mère,
Est le cadeau le plus précieux que puisse lui faire sa grand-mère.
Comme tu aurais protégé ton petit-fils, s'il te plaît, protège-le.
Ainsi
soit-il.
août 1979

Extrait de
Embruns de Tendresse -
Amérique
:15.00$ - Autre :20.00$

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