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L'AMOUR DES MOTS |
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J'ai perdu son père dès l’âge de 4 mois. Ma mère, au caractère bien trempé, m'a élevée seule et, très jeune, m'a appris à faire face aux difficultés de la vie.
(4e de couverture de : Car le chemin continue…)
Le premier souvenir de l'enseignement de ma mère remonte du temps de mes quatre ou cinq ans. – Va porter ce petit panier d’épluchures à ta grand-mère, pour ses lapins. Me voilà partie. Il vente terriblement. Je panique, m’agrippe à un poteau électrique en bois et me mets à crier. Crescendo. Je hurle à pleins poumons. Maman finit par m’entendre et ouvre la porte : – Qu’est ce qui te prend ? – Je ne veux pas aller au ciel avec mon panier d’épluchures ! – Ben, pose-le, nigaude ! Et elle rentre, me laissant seule avec mon problème et le vent mugissant ! Bien sûr, j’ai fini par me décider à lâcher mon poteau et, serrant bien fort le panier, à courir jusque chez mes grands-parents tout en longeant les clôtures des maisons. À mon retour, maman m’a-t-elle fait un sermon sur les peurs irraisonnées, l’inutilité des pleurs et des hurlements devant un problème ? Je n’en sais rien, mais je suis à peu près certaine que j’ai dû entendre pour la première fois ce refrain qu’elle m’a répété tout au long de mon enfance, de mon adolescence et de ma vie d’adulte : « Si tu veux, tu peux. » Aujourd’hui, à quatre-vingts ans, en racontant cette anecdote il me semble la voir sourire, là-haut, et me dire : – La preuve, c’est que tu as porté les épluchures aux lapins de ta grand-mère, et que tu es revenue saine et sauve ! Quand on veut, on peut !
Mais il ne faut jamais mélanger le spirituel et le temporel. C'est pourquoi il est illusoire de penser que la spiritualité, les méditations, les bonnes actions apporteront richesse et biens matériels. Elles feront faire un pas en avant sur le cheminent personnel. Résultats peut-être invisibles pour notre regard humain mais oh combien payants pour notre Moi profond. Tout ce que tu donnes doit avoir un retour. C'est la loi de l'équilibre. Il faut donc se méfier comme de la peste si on vous propose opulence ou situation mirobolante en échange de quelques cours payants. Ces soi-disant gourous ou maîtres spirituels exploitent la crédulité du public. Malheureusement, ils s'enrichissent sans vergogne car ils sont généralement de beaux parleurs.
Tous les peuples, toutes les tribus ont un matérialisme spirituel : l’homme n’est pas assez évolué pour se passer de béquilles sous forme de prières, de rites, de cérémonies. Il est curieux que tous ces rites, sans exception, tournent autour du remerciement, de l’amour, du regret des fautes, du pardon. J’ai beaucoup lu et réfléchi sur ce sujet. La confession, l’acte de contrition des chrétiens, les fumigations de sauge et de cèdre des Amérindiens, les ablutions des Hindous, l’émanation de la volonté des ancêtres et des esprits des peuples africains sont autant de pratiques pour se laver des manquements aux lois, aux commandements des religions créées par les humains. Règles judicieuses d’ailleurs en fonction du climat, des lieux physiques où vit chaque ethnie. J’ai trouvé mon soutien dans une vieille pratique hawaïenne, l’Ho’oponopono. Nous avons tous en nous une part de Divinité, notre âme, qu’il faut apprendre à découvrir. Dans notre société, nous avons peu de lignes directrices pour orienter notre quête de spiritualité. Nous craignons les religions, les sectes autant que le regard de nos concitoyens. Croire et, qui plus est, dire que nous nous connectons ici et maintenant avec Dieu pour lui demander d’effacer tout élément dérangeant de nos mémoires personnelle, collective et antérieure nous classerait assurément chez les déments. Et pourtant ! Je le fais sans fanatisme exubérant, mais avec la certitude absolue d’obtenir la sérénité, en un temps que je ne fixe pas.
Je
demande à la Divinité qui est en moi de pardonner toutes mes fautes passées
(dans cette vie et dans mes vies antérieures), car je m’en repends. Je T’aime Je regrette Pardonne-moi Merci Ces quatre phrases de l’Ho’oponopono, comment, me direz-vous, peuvent-elles apporter la sérénité ? En nous purifiant. Si nous sommes sincères envers nous-même, il devient impossible de détester, de garder de la rancune ou de l’amertume. Mon cheminement n’est ni meilleur ni pire qu’un autre. Je l’ai simplement adapté à mon moi profond, en respectant mes valeurs. De plus, la concision des quatre phrases me plaît. « Je T’aime, je regrette, pardonne-moi, merci. » Ne rien demander en retour. Matin et soir, j’adresse ces quatre phrases à la Divinité qui est moi, en ma belle-fille, en ma petite-fille, en tous les humains. J’étends même ma prière aux animaux, aux végétaux qui me nourrissent ou réjouissent mon cœur par leur beauté, leur force ou leur faiblesse, aux minéraux qui me portent et me vont vivre. Je me sens partie intégrante de la création, celle que je connais, celle que je ne soupçonne même pas. C’est ça, je crois, la sérénité.
Attention : je mets en garde le lecteur contre un best-seller qui traite de l’Ho’oponopono : Zéro limite. Il est écrit par un « gourou » mercantile qui ne désire que vous attirer dans ses ateliers. Aucune pratique spirituelle ne vous apportera richesse ou voitures de luxe !
Dire que nous sommes des poupées russes, trois entités ou plus à l’intérieur de notre corps peut paraître farfelu. Et pourtant souvenez vous de cet exemple classique: Imaginez un grand vase empli de coquillages.
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