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Qu'est-ce donc qu'un Haïku? |
Un petit poème soulignant la magie d'un instant précis que l'auteur veut
partager avec son lecteur ou son auditeur.
Petit poème régi par des
règles précises (?) - 17 syllabes réparties en 3 lignes 5-7-5 - toujours
au présent - césure - harmonie du son et du sens - et mille autres encore.
Lorsque le néophyte
découragé a lu tout ou partie de ces règles, il apprend que celles-ci sont
pour... les japonais du XVIIe siècle!
Le haïkiste francophone ne
peut les utiliser: la grammaire est trop complexe contrairement à la grammaire, aux
idéogrammes japonais (pas d'article, image complète contenue dans un
idéogramme, pas de conjugaison ...). Les règles sont donc assouplies.
Mais attention: un poème
court ne fait pas un haïku s'il ne reflète un instant dans l'instant, si une
émotion n'en ressort pas.
Sachez qu'il est impossible de
contourner les règles si on ne les connaît pas. Bashô disait « Les
formes sont faites pour que l'on s'en écarte. Et pour s'en écarter, il n'est
point de recette toute faite.» Et avant de se déformer, il faut d'abord se former.
Vous aimeriez en savoir
plus?
Petit manuel pour écrire
des Haïku. Philippe Costa ( Éditions Philippe Picquier) France. 2000
http://pages.infinit.net/haiku/quebec.htm#duhaime
http://www.tempslibres.org/tl/fr/centre.html
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Bashô Matsuo, né à Kyoto
il en 1644 , est le premier grand poète de haïku. Fils de samouraï, il
a consacré sa vie à la poésie, allant jusqu'à devenir ermite,
s'asseyant sous un bananier (bashô) pour méditer.
Automne 1694 : il dicte son testament, cesse de se nourrir, brûle
de l'encens et meurt le 28 novembre. Un bashô est alors planté
sur sa tombe.
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kono aki wa
nande toshiyoru
kumo ni tori
cet automne-ci
pourquoi donc dois-je vieillir
oiseau dans les nuages .
le zashiki* d'été
fait bouger et entrer
la montagne et le jardin.
*zashiki: salon recouvert de tatamis et
ouvert sur le jardin.
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ah
! jour de brouillard-
pour les esprits célestes
c'est l'ennui sans doute
désolation hivernale-
dans le monde monochrome
le bruit du vent
même un sanglier
est sur le point d'être emporté
dans cette tempête.
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le
croissant éclaire
la terre brumeuse.
fleurs de sarrasin.
le lespédèze fleuri ondule
sans faire tomber
une seule goutte de rosée
N.B. La traduction du japonais ne
permet pas le 5/7/5 |
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averse de printemps
un enfant passe la main
par le portail de paille
biche blessée d’une flèche
il tête encore sa mère
le faon hélas
le vent du printemps
découvre les fesses
du couvreur
Issa (1763 - 1827)
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les poissons séchés
fragrance sauvagine
marchés de Tokyo
les boutons rouges
éclosent en feuilles vertes
et ma robe déteint
banquet raffiné
un éclair de baguettes
du bœuf de Kôbe
Évelyne Voldeng |
l’indécence nue
une coquille brisée
un pétrel cul-blanc
Alain Raimbault
un bouchon de trafic
juché sur un lampadaire
un corbeau observe
Francine Chicoine
des mouettes rieuses¸
semblent patiner sur l’eau
pourtant c’est l’été
Suzette Lecomte
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lancé dans l'eau
un caillou fait se balancer
les nuages blancs
grand bol de la maison
vous semblez si petits
dans ce champs de fraises
les deux chevaux de bois
l'un chez le père
l'autre chez la mère
André
Duhaime |
avions en retard
les américains occupent déjà
tout le ciel
automne --
de cet arbre immense ne reste
qu'un haiku
boycott du Coca --
à partir de maintenant la guerre
même dans mon frigo
Serge Tomé
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ce soir
la lune est pleine
- moi aussi !
Jean Louis Bouzou
le vin mis à chambrer en cuisine
dehors, les guêpes
Henri Chevignard
regarder la pluie
mêlée de neige -
tombée du jour
Cindy Zackowitz
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L'humeur du moment, telle une
lentille, colore l'instant présent capté dans un haïku.
La météo, me
direz-vous? Non, l'envie d'écrire un haïku est impulsive et le temps
photographié n'est que le
reflet de notre état d'âme.
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seule devant l'océan
elle regarde l'horizon
le soleil chante
(joie)
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seule devant l'océan
elle regarde l'horizon
le brouillard se lève
(angoisse)
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seule devant l'océan
elle regarde l'horizon
petite pluie fine
(tristesse)
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seule devant l'océan
elle regarde l'horizon
nuages d'orage
(menace – violence)
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seule devant l'océan
elle regarde l'horizon
début d'éclipse
(suspens)
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seule devant l'océan
elle regarde l'horizon
pas un souffle d'air
(oppression)
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NATURE

oh!
il a retrouvé son nid
l'oisillon perdu
***
une biche s’élance
coup de frein brutal
pas trace
***
au bord de la rive
mille et un gyrins dansent
l’eau frissonne
***
au bout du chemin
un faon très intéressé
par une tortue
***
dans le blés fauchés
cet éclair roux qui passe
un renard peut-être
***
sur la neige
un porc-épic noir
rien d’autre
***
sur une patte
bec sous ses plumes
il dort le bécasseau palmé
***
sur l’arbre penché
un martin-pêcheur
sous l’eau rien
***
une cane couve
bien cachée dans les roseaux
silence
***
sans hésitation
il attaque la corneille
le colibri
***
elle s’endort la nuit
et ne se réveille plus
la fleur d’ipomée
***
dans l’eau noire de l’étang
ils ne se reflètent plus
les mélèzes dorés
*** |
SIMPLEMENT La vie
échographie
mon arrière-petite-fille
en noir et blanc
septembre.04
***
échographie
petit frère ou petite soeur
sa main cache son sexe
décembre 2006
***
dans le grenier
un vieux coffre poussiéreux
aucune clé
***
circulation
bloquée
il se faufile et file
le cycliste
***
tête nue dans le
vent
dans mon chapeau
un nid de souris
***
une demi-journée
avec l’esthéticienne
rien à faire
***
pour trouver
Dieu
il fouille la chapelle
le petit garçon
***
pas de présent
plus de passé
où qu’il soit il est ailleurs
***
dans le collier
d’ambre
elle semble dormir
cette araignée
***
dans ses cartes
elle décèle mon avenir
je baille
***
sur cette
fractale
l’univers entier
je me sens si petite
***
pleine lune
trottinant sur la neige
une ombre
***
concentré sur
l’odeur
le berger allemand
cherche et découvre
***
lame de fond
au compte-goutte
l’aide internationale
***
trente années
sans retourner au pays
ma maison n’est plus
***
ce bois familier
il ne le reverra plus
glace noire
***
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VOYAGE
il se balance
le rocher de Digby
doigt d'honneur
***
à perte de vue
blancs violets rose ou bleus
encore des lupins
***
couchée dans l’herbe
tout contre moi
trois chevreuils
***
pension pour chiens
le magasin d’à côté
marché aux puces
***
amours d’été
vesces jargeau enlacées
aux marguerites
***
sur l’île éventée
tu fleuries à l’infini
pomme de terre
***
un pont tout blanc
l’île n’est plus une île
trait d’union
***
cris stridents
deux chevaliers semi-palmés
se parlent
***
rêves enfuis
ne pas manger de homard
trop cher
***
dedans Céline Dion
dehors cent mouettes braillardes
aïe mes oreilles
***
il nous secoue
face à la mer déchaînée
le motorisé
***
sous leur chapeau de paille
l’épouvantail et le fermier
s’observent
***
un grand héron bleu
au beau milieu du chemin
dort
***
une pensée
sur le gâteau de fête
triste destin
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L'Ikebana , l'art des fleurs, tout comme le Haïku, l'art du
poème
sans mot, nous vient du Japon. Ils sont des moyens de
communication sociale.
Le bouquet et le poème cherchent non pas à nous faire réfléchir,
mais à nous faire expérimenter l'infiniment grand dans
l'infiniment
petit, le cosmos dans le microcosme, l'éternité dans l'instant
éphémère, l'invisible dans le visible. Toujours au rythme des
saisons.
Le principe du haïku
est le tercet asymétrique (5-7-5).
Le principe du bouquet est la triade asymétrique.
Leur esthétique est celle du presque rien. Leur art est minimal.
L'ikebana (bouquet)
représente :
- le ciel - qui couvre l'homme – 1 ½ la
dimension du vase.
- l'homme – symbole de tous les êtres vivants: minéraux,
végétaux, animaux, êtres spirituels – 2/3 de la dimension du
vase.
- la terre – qui le supporte – 1/3 de la dimension du vase
Ikebana (livre) comprend trois chapitres:
- le ciel : 59 haïkus (soit la valeur 1.50)
- l'homme : 25 Haïkus plus un Haïku en frontispice (soit la
valeur 59/1.50x0.66=26)
- la terre : 13 Haïkus (soit la valeur 59/1.50x0.33=13).
bouton de rose
dans le soleil printanier
le vide autour
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Le Ciel
SHU |
des pétales de neige
tombent silencieux
les arbres dorment |
des pétales de neige
tombent silencieux
les arbres dorment |
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pluie
de printemps
une jeune fille en blanc
sans parapluie
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entre deux forêts
un pont multicolore
arc-en-ciel en mai
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début de printemps
le vieux râteau oublié
sort de la neige
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L'homme
FUKU
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matin de printemps
ils se rient de la neige
les crocus en fleur
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le temps des sucres
sur le tronc de l’érable
un écureuil saoul |
La Terre
KYAKU
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mosaïque bleue
le lac Memphrémagog
brise ses glaces
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(10.00$ + Tx)

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Pendant
les vacances, depuis bien des années, nous sillonnons le Canada, de parcs en
campings, de promenades en arrêts. Nous avons rencontré une flore riche,
odorante, variée. Mais peu à peu, l’image s’efface.
Les photos, croquis, vidéos
et calepins d’haïku me furent une aide précieuse pour vous offrir et m’offrir ce
bouquet de fleurs sauvages.
sur
l’écran de mon vidéo
une fleur
rouge
et son
parfum
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Le Ciel
SHU |
sous l’ombelle du panais
une coccinelle
il pleut
Île du Prince –Édouard - Été
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d’un océan à l’autre
elles sont partout
les marguerites
Canada
- Été
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quelque part dans le
sous-bois
notre chat perdu
et un couguar
Colombie-Britannique - Été
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fermettes ukrainiennes
entourées d’herbes folles
juste le vent
Saskatchewan - Été
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L'homme
FUKU |
herbe à puce de tout côté
sur le sentier
un ours
Colombie-Britannique - Printemps
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mufliers sauvages
ah les cataplasmes de mère-grand
pour hémorroïdes
Nouveau-Brunswick - Printemps
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feuilles en épée
des bermudiennes dressées
sur air de cornemuse
Nouvelle-Écosse - Été
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champ de colza
sous le ciel bleu
toujours un puits de pétrole
Alberta - Été
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La Terre
KYAKU |
dans l’herbe sèche
un crotale
un aigle prend son envol
Colombie-Britannique - Été
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face au vent marin
tout seul sur sa falaise
il fleurit l’orpin
Québec
- Été
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dans les cornouillers
et les sabots de la vierge
un soulier de poupée
Île du
Prince Édouard - Été
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plus de bisons
dans l’herbe des Prairies
rien que des vaches
Manitoba - Été
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Les épines de la rose
aciculaire |
Rose aciculaire sauvage,
odorante, éphémère, aux mille épines acérées,
mais si belle.
Comme tu lui ressembles, la Vie :
sauvage, odorante, éphémère, aux mille épines acérées,
mais si belle.

Quelques haïkus, extraits
de mon livre, sur les épines de ma rose : le cancer du sein.
si bien dans ma peau
quarante-huit ans à peine
inconscience
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un sein laminé
un technicien qui s’en moque
mammographie
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journée de soleil
une feuille de papier cancer
éclipse
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cicatrice
demi croix de votation
pour la vie
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bilan de vie
bien trop jeune pour mourir
rage
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soixante seize ans
respirer une fleur
rire et chanter
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