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Mise à jour: 20 février 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 COMPAGNONS ET COMPAGNONNAGES

 

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La canne du Compagnon

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Les Compagnons et leurs Mères

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La légende de Compagnonnage

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Le Compagnon et ses chefs-d'oeuvre

 

La canne du Compagnon

 

Dans les siècles passés, ses ancêtres déjà,

Parcouraient la France, au rythme des chansons.

D’une ville à l’autre, marchant d’un bon pas,

Des ouvriers tenaient de multiples façons,

La canne des Compagnons.

 

Questions, provocations, mépris ou méfiance,

Amitié reconnue, plaisir ou confiance

Pointe en avant des pieds ou pointe aux talons,

Elle parlait beaucoup, selon sa position,

La canne des Compagnons.

 

Très long ou écourté, ce mythique bâton

Soulageait le marcheur, portait son baluchon.

Dans les sanglants combats entre frères ennemis,

Elle en sauva plus d’un ou tua sans merci,

La canne des Compagnons.

 

Dans les festivités, dans les cérémonies,

Elle s’enrubannait, elle se faisait jolie,

Portait un noir pompon pour les enterrements,

Et se faisait brûler lors d’un bannissement.

La canne des Compagnons.

 

Qu’il soit un Aspirant ou un Maître Fini

Avec profond respect, il gardera toujours

Celle qui est complice du long chemin suivi

Tout au long des années, au fil de ses jours

Sa canne de Compagnon.

Ginette Fauquet

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Les Compagnons et leurs Mères

À chaque étape de son Tour de France, le compagnon  est reçu dans une auberge, la cayenne ou  " chambre " tenue par la " Mère ". Qui est donc cette Mère, personnage vénérée de tous les Compagnons et initiée selon des rites particuliers?

« Joinville (l'Ami du Trait) avait bien hâte d’être au 19 mars : la Mère devait être reçue. Il avait lu les critères de réception. À son avis, seul Dieu en jupon pouvait y répondre! En résumé, être partout à la fois, avoir des yeux tout autour de la tête, cinq ou six paires de bras, avoir un réveil qui offre quarante-huit heures par journée, être ménagère, cuisinière, économe, préfet de discipline, médiatrice, infirmière, confesseur, psychiatre, bonne mère pour ses enfants, bonne épouse, être le centre de la communauté sans que personne ne le devine et, pour couronner le tout, garder toujours le sourire!

— Mais c’est impossible!

— Mais oui, coterie ! Tous les compagnons de la cayenne sont ses yeux, ses bras, ses adjoints, son soutien. Chacun donne un coup de main au bon fonctionnement de la maison. Quant à la discipline, la Règle est là.

— Depuis presque trois ans que je suis compagnon, je n’avais jamais réalisé le fardeau posé sur ses épaules.

— C’est pourquoi, manquer de respect à la Mère constitue une faute grave et blâmable, non réparable par une simple amende »

(La chaîne d'alliance p.211)

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Actuellement, son rôle est un peu allégé. Chaque cayenne ou chambre, est donc confiée à une femme choisie par le Conseil de Compagnonnage, en accord avec le Conseil Provincial. D'abord Dame-Économe, elle doit faire ses preuves en gestion hôtelière et moralité dans l'esprit fraternel compagnonnique.

Après sa probation, elle devient Dame-hôtesse  sur proposition du Conseil Provincial et décision du Conseil de Compagnonnage.

Après ce deuxième ''stage probatoire'', les Conseils lancent une enquête sur le plan national. Aux assises compagnonniques, les délégués se prononcent pour ou contre la réception de Mère. Une émouvante cérémonie est alors organisée qui se déroule localement avec la participation des Compagnons de la Province. Cette réception, initiatique, se déroule sous le signe du secret.

Le mari de la Mère est le Père, qui l'appuiera discrètement. Leurs enfants deviennent ''petites soeurs'' et ''petits frères''.

À noter que par extension la cayenne est parfois appelé la mère, avec un m minuscule.

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En 2005, lors de notre voyage à Morières-les Avignons, pour le bicentenaire d'Agricol Perdiguier, nous avons eu le plaisir et l'honneur de rencontrer la Mère des Compagnons de Nice, Savoyarde la Bien-Aimée et sa Dame-Hôtesse, Madame Catherine Gambier. Deux personnes charmantes d'une rare simplicité.

Lors de sa réception, Savoyarde la Bien Aimée a reçu un médaillon en or, sculpté par un maître Compagnon orfèvre, orné de l'emblème compagnonnique, l'équerre et le compas, avec, au centre, le U et le C enlacés de l'Union Compagnonnique (une des Société des Compagnonnages).

                                                       

Savoyarde la Bien aimée - Ginette Fauquet - Madame Catherine Gambier

(Union Compagnonnique, cayenne de Nice)

 

Médaillon de réception de Savoyarde la Bien Aimée

 

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La légende du Compagnonnage

( La chaîne d'alliance p.105)

 

 

Jules, La Fidélité de Roubaix, raconte une histoire à son petit-fils Arthur-Napoléon.

— Viens écouter la légende des Compagnons, fiston.

— C’est quoi, une légende?

— Une belle fable que les grands-papas racontent à leurs petits-enfants qui, eux-mêmes, la rediront à leurs enfants.

Il y bien longtemps, dans un pays lointain, vivait un grand roi, Salomon. Ce roi s’était mis dans la tête de construire un temple pour Dieu.

— C’est quoi, un temple?

— Une sorte de grande église. Il voulait que ce temple, dans la ville de Jérusalem, soit le plus beau de la terre, fait avec les meilleures pierres, le bois des arbres les plus riches : les cèdres du Liban. Il envoya chercher tous les hommes qui savaient travailler la pierre et le bois, dans son pays et les pays voisins. Il les employa tous, ainsi que des hommes à tout faire. En tout, il en eut plus de cent mille.

— C’est combien, cent mille?

— Imagine tous les enfants de Paris, rassemblés. C’est à peu près ça.

— C’est beaucoup!

— Salomon groupa ses hommes par métiers : tailleurs de pierre, menuisiers, charpentiers. Ceux qui savaient très bien travailler furent nommés maîtres.

— Comme vous?

— Oui, comme moi. Ils dessinaient les plans, surveillaient les chantiers, commandaient. Ceux qui travaillaient bien furent les ouvriers. Les autres, qui ne savaient rien faire, devinrent les manoeuvres. Ils poussaient, portaient, tiraient les pierres ou le bois. Ils besognaient un mois sur le chantier et retournaient dans leur foyer pour un mois. Ils s’entendaient tous très bien. Ils étaient de vrais compagnons. C’était le roi de Tyr, Hiram Ier, qui choisissait les hommes dignes de confiance. Il permettait aux maîtres de leur révéler les secrets de fabrication. Et tu sais, Arthur, qu’on ne dévoile jamais un secret. Hiram leur donna donc des mots de reconnaissance. Si tu ne le savais pas, on ne te disait rien, on te soupçonnait d’être un espion.

Un jour, un ouvrier tua le roi, l’enterra avec sa canne. Salomon fit planter une branche d’acacia sur sa tombe et demanda aux autres compagnons, qu’il appelait ses enfants, de porter une canne en souvenir d’Hiram.

Parmi les compagnons, il y avait Maître Jacques, tailleur de pierre. Un beau matin, il se disputa avec Salomon et partit, entraînant ceux qui pensaient comme lui. À son tour, un de ses enfants se rebella : le Père Soubise, charpentier. Il s’en alla, emmenant quelques compagnons.

Il y avait donc trois groupes : les enfants de Salomon, les enfants de Maître Jacques et les enfants du Père Soubise. Tu comprends, fiston?

— Oui. C’est comme le groupe de Jacquot, le groupe de Pierre et mon groupe.

— Exactement. Un jour, des enfants du Père Soubise tuèrent Maître Jacques et le jetèrent dans un marais, parmi les roseaux. Depuis, les enfants de Maître Jacques portent la canne en souvenir des joncs.

— Les enfants du Père Soubise sont méchants. Je ne les aime pas!

— Voyons, Arthur, ça s’est passé il y a beaucoup, beaucoup d’années!

— Quand même, je ne les aime pas.

— Si je faisais une grosse bêtise, trouverais-tu normal d’être puni?

— Vous ne faites jamais de grosses bêtises, Grand-père!

— Tu te souviens quand j’ai cassé la belle assiette de ta maman? Aurais-tu trouvé normal que plus personne ne t’aime pour cela?

— …

— C’est pareil pour les Compagnons. Tu ne peux pas détester quelqu’un pour quelque chose qu’il n’a pas fait! Tu dois tous les aimer.

— Vous, vous êtes un enfant de qui?

— Un enfant de Maître Jacques.

 

Maître Jacques

Salomon

Père Soubise

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Le Compagnon et ses chefs-d'oeuvre

 

( La chaîne d'alliance p.17)

« Depuis des siècles, des ouvriers, désireux d’acquérir une maîtrise parfaite de leur art, parcourent la France. Partis pour plusieurs années, de ville en ville, ils apprennent, dans le Compagnonnage,
les astuces de leur métier, mais aussi la vie. À la fin de son voyage, le compagnon est capable :
– de concevoir, façonner, réaliser ses projets;
– de transformer la matière en oeuvre d’art;
– d’allier tradition et modernisme;
– de transmettre ses connaissances;
– de conscience collective ;
– de rigueur morale et professionnelle.
En un mot, d’être un homme complet. »

L'aspirant doit présenter un chef-d'oeuvre d'admission, un chef-d'oeuvre de réception (obligatoires) et de finition (facultatif). De plus, dans certaines occasions, un groupe de compagnons fait un chef-d'oeuvre collectif.

(Voir photos de chefs-d'oeuvre page suivante


                                             

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